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米窿老爹【中法对照】
作者:莫泊桑 文章来源:http://www.ryedu.net 点击数: 更新时间:2007-12-24 14:16:54

-- Je revenais un soir,qu’il était p’t-etre dix heures, le lendemain que vous étiez ici. Vous et pi vos soldats, vous m’aviez pris pour pu de cinquante écus de fourrage avec une vache et deux moutons. Je me dis : Tant qu’i me prendront de fois ving écus, tant que je leur y revaudrai ?a. Et pi j’avais d’autres choses itou su l’coeur, que je vous dirai. V’là qu’j’en aper?ois un d’vos cavaliers qui fumait sa pipe su mon fossé, derrière ma grange. J’allai décrocher ma faux et je r’vins à p’tits pas par derrière, qu’il n’entendit seulement rien. Et j’il coupai la tete d’un coup, d’un seul, comme un épi, qu’il n’a pas seulement dit ?ouf!? Vous n’auriez qu’à chercher au fond d’la mare : vous le trouveriez dans un sac à charbon, avec un pierre de la barrière.

? J’avais mon idée. J’pris tous ses effets d’puis les bottes jusqu’au bonnet et je les cachai dans le four à platre du bois Martin, derrière la cour. ?

Le vieux se tut. Les offifiers, interdits, se regardaient. L’interrogatoire recommen?a ; et voici ce qu’ils apprirent.

有一天晚上我回家,大约在十点钟光景,那是在你们来到这里的第二天。你和你的士兵拿了我二百五十多个银法郎的草料、一头牛和两只羊。我心想:他们如果再拿我一百个, 我也要他们如数偿还。另外我心里还有别的想法,这我以后再告诉你。当时我看到你们的一个骑兵在我的仓库后面的沟旁吸烟。我就去把镰刀取下来,轻轻地从后面走过来,他一点儿也没有听见。我一下就把他的头砍下来,一下子,就象割麦子似的。他连喊一声都,有能来得及。你们只要到水塘底里去找,就可以找到他和一块顶栅栏用的石头一起装在一只装煤的袋子里。

我有我的主意。我把他身上的穿着,从靴子到帽子全部剥下来,然后藏到院子后面马丁树林的石灰窖里去。

老头沉默了。军官们都惊呆了,面面相觑。审问又继续进行。下面就是他们审问到的经过情形。

Une fois son meurtre accompli, l’homme avait vécu avec cette pensée : ? Tuer des Prussiens ! ? Il les haissait d’une haine sournoiseet acharnée de paysan cupide et patrote aussi. Il ava it son idée, comme il disait. Il attendit qhelques jours.

On le laissait libre d’aller et venir, d’entrer et de sortir à sa guise, tant il s’était montré humble envers les vainqueurs, soumis et complaisant. Or, il voyait, chaque soir, partir les estafettes ; et il sortit, une nuit, ayant entendu le nom du village où se rendaient les cavaliers, et ayant appris, dans la fréquentation des soldats,les quelques mots d’allemand qu’il lui fallait.

Il sortait de sa cour, se glissa dans le bois, gagna le four à platre, pénétra au fond de la longue galerie et, ayant retrouvé par terre les vetements du mort, il s’en vetit.

Alors il se mit à roder par les champs, rampant, suivant les talus pour se cacher, écoutant les moindres bruits, inquiet comme un braconnier.

自从他杀了那个骑兵以后,心里一直想:杀普鲁士人!他以一个贪利的爱国农民所具有的那种隐藏着的深仇痛恨他们。正如他所说的那样,他有他的想法。他等待了几天。

因为他对战胜者恭顺、讨好,他们就让他来去自由,随意出入。每天晚上他看着传令兵出去,由于他和士兵们经常接触,学会了几句必要的德国话。一天夜里,他听到了骑兵要去的那个村子的名字后,他就出去了。

他走出院子,溜进树林,走到石灰窑,钻进长长的地道直到尽头,他在地上找出死者的衣服,把它穿到自己的身上。

然后他到田野里徘徊,他为了隐蔽自己,沿着斜坡爬行,注意倾听每个微小的声音,心里象偷猎人那样地忐忑不安。

Lorsqu’il crut l’heure arrivée, il se rapprocha de la route et se cacha dans une broussaille. Il ateedit encore. Enfin, vers minuit, un galop de cheval sonna sur la terre dure du chemin. L’homme mit l’oreille à terre pour s’assurer qu’un seul cavalier s’approchait, puis il s’appreta.

Le uhlan arrivait au grand trot, rapportant des dépeches. Il allait, l’oeil en éveil, l’oreille tendue. Dès qu’il ne fut plus qu’à dix pas, le père Milon se traina au travers de la route en gémissant : ? Hilfe ! Hilfe ! A l’aide, à l’aide !? Le cavalier s’arreta, reconnut un Allemand démonté, le crut blessé, descendit de cheval, s’approcha sans soup?onner rien , et, comme il se penchait sur l’inconnu, il re?ut au milieu du ventre la longue lame courbée du sable. Il s’abattit, sans agoniesecoué seulement par quelques frissons supremes.

Alors le Normand, radieux d’une joie muette de vieux paysan, se releva, et, pour son plaisir, coupa la gorge du cadavte. Puis, il le traina jusqu’au fossé et l’y jeta.

Le cheval, tranquille, attendait son maitre. Le père Milon se mit en selle, et il partit au galop à travers les plaines.

当他认为时机已到,他就走近大路,躲在荆棘丛里。他等待着。终于在半夜光景听见路面的硬土上有马在跑步的声音。他把耳朵贴在地面上听听是否只有一个骑兵过来。然后他作好准备。

骑兵带着公文快步奔来。他眼睛警惕地在察看,耳朵在注意倾听。当他来到离米窿老爹十步远的地方,米窿老爹横在马路上爬行,嘴里在呻吟:救人呀!救人呀!骑兵勒住了马,认出来是一个落了马的德国兵,以为他是受了伤,于是就跳下吗,毫无疑虑地走近前来。当他朝这个陌生人俯下身子时,他的肚子正中立刻吃进了一道长长的弯弯的刀刃。他立即倒下,身体只是最后颤动挣扎了几下,马上就死了。

这时,这位诺曼底人畅快极了,内心充满着农民所具有的无声的喜悦,他站起身来,为了取乐,把死人的头颈砍断,然后把尸体拖到沟边,仍进沟里。

那匹马还安闲地等待着它的主人。米窿老爹跳上马鞍,穿过平原疾驰而去。

Le père Milon10

Au bout d’une heure, il aper?ut encore deux uhlans cote à cote qui rentraient au quartier. Il alla droit sur eux, criant encore : ? Hilfe ! Hilfe ! ? Les prussiens le laissaient venir, reconnaissant l’uniforme, sans ,éfiantce aucune. Et il passa, le vieux, comme un boulet entre les deux , les abattant l’un et l’autre avec son sabre et un revolver.

Puis il égogea les chevaux, des chevaux allemands ! Puis il rentra doucement au four à plaitre et cacha un cheval au fond de la sombre galerie. Il y quitta son uniforme, reprit ses hardes de gueux et , regagnant son lit, dormit jusqu’au matin.

Pendant quatre jours, il ne sortit pas, attendans la fin de l’enquete ouverte ; mais , le cinquième jour, il repartit, et tua encore deux soldats par le meme stratagème. Dès lors, il ne s’arreta plus.Chaque nuit, il errait, il rodait à l’aventure, abattant des Prussiens tantot ici, tantot là, galopant par les champs déserts, sous la lune, uhlan perdu, chasseur d’hommes. Puis , sa tache finie,laissant derrière lui des cadavres couchés le long des routes, le vieux cavalier rentrait cacher au fond du four à platre son cheval et son uniforme.

Il allait vers midi, d’un air tranquille, porter de l’avoine et de l’eau à sa monture restée au fond du souterrain, et il la nourrissait à profusion exigeant d’elle un grand travail.

一个小时以后,他又看见两个骑兵肩并肩地回司令部去。他直向他们跑去,嘴里又喊:救人呀,救人呀!普鲁士人认得那套军服,毫不疑虑地让他走近身边。那老头奔过去,想一颗炮弹似的插到他们的中间,一手用军刀,一手用手枪又把他们两个都干掉了。

然后他又把两匹马都宰了,因为那是德国马!接着他慢悠悠地回到石灰窑,把马藏在阴暗地道的深处。他在那儿把军服脱下,重新穿上自己的破衣裳,回家上床一直睡到第二天早上。

之后,他四天没有出门,等候那件已经开始的侦查案件结束,到了第五天,他又出去了。他用同样的策略又杀了两个普鲁士士兵。从此以后他一直没有停止过。他每天晚上无目的地到处转来转去,有时在这里,有时在那里去杀普鲁士人。他在月光下,在荒芜的田野里奔驰,他象是迷路的骑兵,又如专门猎取人头的猎人。这位老骑兵干完了以后,留下躺在路旁的尸体,回到石灰窑里把他的马和军服藏好。

中午光景,他不慌不忙地带写燕麦和水去喂还在地道深处的马匹。他把马为喂得饱饱的,因为还要它干重活。

Le père Milon11

Mais, la veille, un de ceux qu’il avait attaqués se tenait sur ses gardzs et avait coupé d’un coup de sable la figure du vieux paysan.

Il les avait tués cepandant tous les deux. Il était revznu encore, avait caché le cheval et repris ses humbles habits ; mais , en rentrant, une faiblesse l’avait saisi et il s’était trainé jusqu’à l’écurie, ne pouvant plus gagner la maison.

On l’avait trouvé là tout sanglant , sur la paille...

Quand il eut fini son récit, il releva soudain la tete et regarda fièrement les dfficiers prussiens.

Le colonel, qui tirait sa sa moustache, lui demanda :

-- Vous n’avez plus rien à dire ?

-- Non, pu rien ; l’compte est juste : j’en ai tué seize, pas un de moins.

-- Vous savez que vous allez mourir ?

-- J’vous ai pas d’mandé de grace.

-- Avez-vous été soldat ?

-- Oui. J’ai fait campagne dans le temps/ et puis , c’est vous qu’avez tué mon pere, qu’était soldat de l’l’Empereur premier. Sans compter que vous avez tué mon fils cadet,Fran?ois, le mois dernier, auprès d’Evreux. Je vous en devais, j’ai payé. Je sommes quittes.

Les officiers se regardaient.

但是,就在昨天,两个普鲁士士兵又被他袭击,其中一个因为有了防备,在老农民的脸上砍了一刀。

但他还是把他们两个都杀死了。他又是回去把马藏好,重新穿上旧衣服。不过在回家时他身体疲惫不堪,拖着沉重的脚步挨到马棚里,再也没有力气走到屋里了。

人们发现他在那里全是血,躺在干草上。。。。

他讲完以后突然抬起头来,傲视那些普鲁士军官们。

上校捋捋胡子,问他:

你还有什么要说的吗?

没有,没有什么要说的。这笔账很公平,我杀了十六个, 一个也不少。

你知道你就要死了吗?

我可没有向你们求饶呀!

你当过兵吗?

当过。那时我打过仗,是你们杀死了我的父亲,他是拿破仑的士兵。还不说你们上个月在爱佛楼附近又杀死了我的小儿子法朗索阿。你们欠了我的债,我已得到偿还。现在咱们清账。

军官们面面相觑。

Le vieux reprit :

-- Huit pour mon père, huit pour mon fieu, je sommes quittes. J’ai pas été vous chercher querelle, mé ! J’vous connais point ! J’sais pas seulement d’où qu’vous v’nez. Vous v’là chez mé, que vous y commandez comme si c’était chez vous. Je m’suis vengé su l’s autres. J’m’en r’pens point.

Et, redressant son torse ankylosé, le vieux croisa ses bras dans une pose d’humble héros.

Les Prussiens se parlèrent bas longtemps. Un capitaine, qui avait aussi perdu son fils, le lmois dernier, défendait ce gueux magnanime.

Alors le colonel se leva et, s’approchant du père Milon, baissant la voix :

--Ecoutez, le vieux, il y a peut-etre un moyen de vous sauver la vie, c’est de ...

Mais le bonhomme n’écoutait point, et, les yeux plantés droit sur l’officier vainqueur, tandis que le vent agitait les poils follets de son craine, il fit une grimace affreuse qui crispa sa maigre face toute coupée par la balafre, et , gonflant sa poitrine, il cracha de toute sa force, en pleine figure du Prussien.

Le colonel, affolé, leva la main, et l’homme, pour la seconde fois, lui cracha par la figure.

Tous les officiers s’étaient dressés et hurlaient des ordres en meme temps.

En moins d’une minute, le bonhomme, toujours impassible, fut collé contre le mur et fusillé, alors qu’il envoyait des sourires à Jean, son fils ainé, à sa bru et aux deux petits, qui regardaient, éperdus.

老头继续说:

八个偿我父亲的命,八个偿我儿子的命。咱们清帐。我本来不想找你们若事,我又不认识你们!我也不知道你们是从什么地方来的。可是你们现在在我家里发号施令,象是在你们家里一样。我就在别人身上报这个仇。我一点也不后悔。

老头挺起关节已经僵硬了的身子,叉起双臂,摆出一副不卑不亢的架势。

普鲁士人低声说了好一会。有一个上尉,他的儿子上个月也被杀死,替这位气宇轩昂的穷苦人辩护了几句。

上校站起身来,走到米窿老爹身边,低声说:

老头,你听着,也许有一个办法可以救你的性命,那就是。。。。。。。

但是老人根本不听,眼睛直瞪着那站胜的军官,这时和风吹动他头上那绒毛般的稀发,他抽缩了一下被刀砍伤的瘦脸,做出一副怕人的鬼脸,然后挺起胸膛,用力在普鲁士人的脸上啐了一口唾沫。

上校气疯了,举起手来,老头再在他脸上啐了一口。

军官们都站了起来,同声吆喝着发令。

不到一分钟功夫,始终镇定自若的老人被推到墙脚边,这时他的大儿子让,他的媳妇和两个小孙子望着老爹,惊恐万状,老人朝着他们微笑,接着他就被枪毙了。

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